{Mon pays}
Il y a presque 8 ans, le 16 Août, je prenais un vol Air Transat Lyon-Montréal. Je me rappelle qu’il faisait chaud ce jour là, que je flottais dans un rêve. Je n’avais pas 20 ans et ma toute petite sœur de 9 ans m’avait dit, des larmes plein les yeux, « t’as pas le droit de partir ». Ça m’avait fait une petite boule dans le ventre et j’étais persuadée que cette boule me suivrait à jamais.
Et puis je suis tombée amoureuse. De Montréal, de la vie, de tout ce qui passait devant mes yeux. J’ai profité de tous les jours, sans jamais me retourner et la boule m’a petit à petit laissé tranquille. J’ai choisi d’immigrer au Québec, parce que je pouvais plus quitter Montréal: ma maison, c’était ici.
Ce matin, en ouvrant mon Netvibes, le mal est revenu me chatouiller le ventre. J’avais devant moi les photos de l’Antipodeuse. J’avais envie de sud de la France, de cette lumière basse et joyeuse. J’avais des envies irrationnelles d’odeurs du marché et de lavande, de poster une carte postale dans une boite toute jaune (sur laquelle j’aurais noté: « je profite de quelques jours dans le sud, tout va bien, vous me manquez »). Je me voyais aller tremper mes pieds dans l’eau encore un peu froide et commander un diabolo fraise au café du village. J’avais envie qu’on râle autour de moi pour pester contre toutes ces colères inutiles et me réconforter avec un croissant au beurre encore chaud. J’avais envie qu’on ne remarque plus mon accent, et puis d’aller serrer fort mes grand-parents sur un coup de tête. Je ne pouvais plus respirer. Tout ce que je voulais, c’était m’enfuir à toute vitesse.
Ce matin, 8 ans après avoir posé mes valises dans mon pays d’adoption, pour une des premières fois de ma vie, j’ai eu le mal du pays.
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Crédit photo: L’antipodeuse.











que dire après un billet pareil…. Je pourrais te dire qu’après 20 ans d’exil de MON pays, la France n’étant que mon pays d’adoption (et encore, je m’y sens pas trop adoptée)(mais c’est un autre sujet), je ressens toujours cette boule au ventre quand je vois des photos de chez moi, quand je parle à ma famille maternelle restée là-bas, quand j’y pense, même.
l’envie d’y retourner est intense, pourtant, je sais que je n’irais sans doute jamais y habiter à nouveau.
C’est une espèce de paradoxe, mon pays me manque, pour autant, je crois que je ne suis pas faite pour m’attacher à un lieu précis, et c’est ce qui se produirait s’y je retournais au Chili!
Courage, tu vas vite apprécier de nouveau pleinement ta vie canadienne, et avoir moins le mal du pays.
(de toutes façons, tu dois rester là bas, en france, vas y pour trouver de la poutine)
C’est dur de se faire adopter, je suis d’accord. Retournes-tu dans TON pays de temps en temps quand même ? Comme ce manque doit être étrange… Moi, je sais que c’est ma décision, pour le meilleur et pour le pire. Et si c’était si pire, je sais que je pourrais sans hésiter faire mes valises et tout plaquer. Malgré mon coup de blues passager, ça ne m’est jamais venu à l’idée…
Même truc que toi et Camille, je me sens pas totalement chez moi ici… Le pire ? Ne pas savoir quoi répondre à la simple question « d’où tu viens » ! Et puis c’est souvent en prenant du recul qu’on réalise l’importance de certaines choses… Faut voir ça comme ça
Quand on me demande d’où je viens, je ne sais plus quoi répondre. De Lyon ? Mais ça fait tellement longtemps. De Montréal ? Pourquoi pas… De New York dernièrement, et pourtant…
Je ne vivrais jamais dans le middle of nowhere ou mes parents ont elu domicile mais je ressens toujours ce petit pincement au coeur quand je pense a ma chambre et aux dimanches passes au chaud et en famille. On a toujours la nostalgie de quelque chose…
Au moins, ça permet de ressentir quelque chose et d’apprécier les retour.
Très beau billet, très vrai. Moi aussi je me retrouve totalement dans ce que tu dis. C’est peut-être bien d’avoir un paradis perdu, un petit refuge où l’on peut rêver, redevenir enfant, ressentir de belles choses mais la vraie vie n’est pas là. Si?
Bienvenue ici colline !
Ah la vraie vie… Bonne question…
Je ne suis pas aussi loin que toi, mais parfois aussi, j’ai le mal du pays…
Très beau billet, merci pour les larmes aux yeux de bon matin. ^^
Heureuse que mon billet t’ai plu… Et merci de m’avoir laissé un petit mot..
9 ans que j’ai quitté mon « chez moi » pour m’installer en France. 9 ans que j’aime chaque petite chose de ma vie parisienne. de ma vie d’adulte aussi, puisque je suis partie à 19 ans…
mais 9 ans aussi qu’à chaque coup de fil aux parents, à chaque discussion délirante avec ma soeur ou mon frère, à chaque vacances, la question se pose: « chez moi, c’est où? ». La réponse est évidente à chaque fois: à Paris, voyons! mais ça ne m’aide pas à accepter la distance, le manque de soleil…
la boule au ventre, moi, j’ai appris à la dompter. elle m’accompagne et m’aide à apprécier mon passage dans mes 2 « chez moi »: le chez moi du quotidien, impossible à quitter, celui que j’ai choisi, celui qui me rend heureuse et dans lequel j’ai réussi à m’épanouir, à vivre, enfin! et d’un autre côté le chez moi de mes racines, de ma famille, de mon soleil natal, de la chaleur moite que j’aime tant quand j’en suis éloignée mais que je déteste quand j’y suis plongée! :p
Ce qui est bien, c’est de pouvoir concilier les deux. Et savoir que si on a besoin, un coup de train et hop ! c’est l’autre chez nous (un peu plus difficile pour moi, malheureusement)
J’ai toujours la nostalgie de ma ville (Bordeaux), du bassin, de l’océan, des parcs…
Je n’y ai vécu que très peu, par périodes courtes entre coupées de 10 ans ailleurs et pourtant je demeure persuadée d’une seule chose: là bas c’est chez moi.
Je vis à 200km de là et j’ai le mal du pays… Alors j’imagine que toi, c’est pas mieux!
200km ou 6000km, quand le mal de pays pointe le bout de son nez, il fait toujours aussi mal
Ton billet parlerait à mon homme…
Le mal du pays, il l’a par moment, surtout quand les jours de pluie se succèdent.
J’imagine que le soleil doit manquer à ton homme, en effet…
Trés beau billet !
je ne peux pas imaginer ce qu’est le mal du pays vu que je me sens chez moi où je vis, mais je présume que ça ne doit pas être facile.
bon courage !
Merci
Même si je m’attachais à un autre endroit, pour le moment, je sens que je ne pourrais pas vivre ailleurs qu’ici. Principalement pour ma famille. Dans mon enfance, nous habitions la région parisienne et c’était horrible d’être éloigné, je n’aimerais pas le revivre.
Mais je peux comprendre
.
J’ai appris à vivre loin. Et puis, heureusement, il y a le téléphone…
Avoir un peu le mal du pays au bout de tant d’années, c’est un peu normal
Et puis l’hiver commence à sembler un peu long, avoir envie de soleil et de sud de la France est tout à fait légitime… Mais on sent au fond de toi à quel point tu aimes profondément Montréal, peut-être que ce sont davantage les gens qui te manquent plutôt que la France elle-même
Allez courage !
Dommage que l’hiver soit encore bien long ici… Mais tu as totalement raison, les envies de printemps sont toujours tueuses de moral…
je te comprends, et c’est un joli billet ! le pire, je pense, c’est que plus on grandit, plus on fait des choix, et plus on a de choses à regretter. plein de courage, je suis sûre que c’est passager !
Le mieux, c’est encore de ne rien regretter, non ? Jusqu’ici, je m’en suis plutôt bien sortie, je croise les doigts ! (Et tu sais quoi, je crois que c’est déjà passé… Mais bois quand même un diabolo fraise pour moi !)
Seulement 4 ans d’expatriation aux Pays Bas, et les Etats Unis qui se profilent peu à peu. Je me reconnais dans ce que tu dis: chez moi, c’est ici, mais la famille qui te demande à chaque quand tu reviens alors que tu es à peine partie, c’est pesant parfois. La culpabilité de laisser les siens pour vivre son envie d’ailleurs, est quelque chose qui me poursuit encore…
Bienvenue ici loisesoon !
Les Etats-Unis ? Où ça ? J’y ai vécu pratiquement 2 ans, c’était aussi une belle belle expérience…
(Culpabilité ? Qu’un expatrié me dise qu’il l’a jamais vécu…)
Le mal du pays!…Comme je te comprends. Moi, je suis née au japon, j’y ai vécu toute mon enfance, et l’acclimatation avec la france à été hardcore: au début j’ai vraiment déprimé.Je n’ai jamais pu oublier une seule seconde mon pays natal. Ce n’est pas seulement une question d’être éloigné des proches, amis, tout ça, mais c’est tout simplement un autre mode de vie, une autre façon de penser, un autre humour, et la cuisine du quotidien qui n’a rien à voir avec celle qu’on trouve ici, etc. Depuis, en grandissant, j’ai appris à me dire que partout ça pouvait être chez moi. « The entire world is my playground » , on apprend à être capable de s’adapter partout. Même si je me suis toujours considérée française, la moitié de mon coeur est japonais et est resté là bas. Mais j’ai trouvé une super alternative au mal du pays: quand j’ai la boule au ventre, je partage avec les autres tout ce que j’aime de mon pays natal, et souvent, ça m’apporte assez de joie pour exorciser ma terrible nostalgie.
C’est pour ça aussi que je parle souvent de la culture japonaise sur mon blog. Je pense que c’est ce que tu as fait toi aussi, en le partageant ici avec nous. J’ai beaucoup aimé ton billet plein d’émotions
Bienvenue ici !
The entire world is my playground. Totalement d’accord, partout, c’est un peu chez soi, il suffit de le vouloir !
Le mal du pays naît de détails tellement inattendu que cela surprend toujours un peu. Une odeur peut le provoquer très facilement chez moi mais cela part assez vite. Enfin je rentre bientôt et ma famille doit venir plus tard donc ça aide aussi! Bon courage!
Le fait que je ne sois pas prête de rentrer doit aussi avoir contribuer à mon mal, je pense…
Ton pays, Mon pays, Notre pays.
Ta région, Ma région, Notre région.
Ton village, Mon village, Nos racines.
Ton quartier, Mon quartier, Notre ville.
Je te comprends tellement…
Plus le temps passe, et plus j’ai le cul entre deux chaises, avec l’Atlantique qui me caresse les orteils.
En ce moment, chez moi (l’autre) il y a plein de neige, un neveu qui fait ses premiers pas, des montagnes enneigées qui rosissent en attendant la nuit, et des tartiflettes le samedi soir.
J’y pense souvent. J’ai hâte d’être à cet été, d’admirer le lac, de grimper un sommet ou deux, de me promener dans une rue piétonne pavée, d’écouter et sentir la mer, de rire avec ma soeur, mon frère, mes parents et mes amis, toujours là malgré les années passées.
Quand je suis nostalgique, je repense à ce (ceux) que j’aime(nt) ici, à pourquoi j’ai fait ce choix. Pour l’instant, jamais je ne le regrette, c’est aussi chez moi. Et puis je mange un mi-cho-ko, avec lui, peu importe où je suis, pendant ces quelques minutes de dégustation, je suis chez moi (l’autre).
Nous sommes tombées amoureuses de Montréal, nous aimons notre pays. C,est ainsi.
La nostalgie m’est rare. Mais le cul entre deux chaises, comme je comprends…
Oh ta pauvre petite soeur !
De mon côté j’ai des petits manques de Paris par moments, voire d’Europe en général (Londres par exemple alors que je n’y ai jamais vécu) mais chez moi c’est 100% à Montréal, ça pourrait être ailleurs aussi, mais ayant souvent déménagé, chez moi c’est où est ma vie, tout simplement, ainsi beaucoup d’endroits que j’ai quittés ne représentent plus rien. Mais faut dire je me suis toujours sentie mal à l’aise en France et j’ai rêvé d’étranger très jeune…
Chez moi aussi c’est 100% Montréal. Mais c’est souvent qu’on me fait sentir que je reste une étrangère…
J’y retourne de temps en temps, oui, mais à peu près une fois tous les 3 ans, vu le prix des billets d’avion, comme on y va tous les 5 (papa-maman-frere-soeur), c’est un budget à prévoir… Mais je vais commencer à y aller seule, pour redécouvrir vraiment d’où je viens.
Et c’est un peu pareil que ByJS : quand on me demande d’où je viens, je réponds toujours par une tirade énorme, qui explique que « je suis née ici, mais j’ai grandi là, et en ce moment, mes parents habitent là où j’ai vécu mes dernières allées collège-lycée ».
mais finalement, je pense que je pourrai mieux accepter l’éloignement quand j’aurais moi-même choisi l’endroit où je veux vivre!
Très beau billet en effet. C’est un mal que je n’ai pas encore eu la chance de vivre, mais même si je n’y ai jamais vécu, le sud de la France me manque aussi par moment…
ah mais moi non plus, le train ne me sert à rien! je dois prendre un moyen-courrier pour rentrer « chez moi »…
je ne suis pas une habituée ici mais la lecture de ton billet m’a vraiment émue… je ne sais quoi te dire, j’espère que depuis tu as trouvé les réponses… c’était vraiment émouvant !
Bienvenue alors ! A bientôt peut-être !